Bienvenue sur l’Atlas Genre - Portail francophone des données sur l’égalité femmes-hommes

Une infrastructure au service de la recherche et de l’élaboration des politiques publiques en faveur de l’égalité

Depuis sa création en 2022 et après avoir identifié la fragmentation des données comme problème structurel entravant l’atteinte de l’égalité de genre, l’Observatoire francophone pour le développement inclusif par le genre (OFDIG) promeut la nécessité d’avoir accès à des données harmonisées, robustes et fiables.

C’est donc dans cette perspective de faire progresser et de consolider les connaissances sur l’égalité femmes-hommes dans la francophonie internationale que l’observatoire a développé cette infrastructure de données en accès libre qui vise à harmoniser et centraliser des indicateurs, notamment dans les dimensions économiques et éducatives, afin de répondre à ces lacunes persistantes.

La volonté de nommer cette infrastructure « Atlas Genre - Portail des données sur l’égalité femmes-hommes » concrétise et symbolise en quelque sorte l’idée de recueil cartographique, de points de rencontre, de compilation consolidée et centralisée des données, tout en prenant en considération la dimension internationale et diversifiée des contextes et réalités sociopolitiques qui caractérisent la Francophonie.

Ce portail s’adresse aux chercheur·e·s, aux analystes, aux décideur·e·s politiques ainsi qu’aux organisations de la société civile, en leur offrant un accès facilité à des indicateurs et à des bases de données quantitatives de référence.

Objectifs et contributions scientifiques :

  • Structurer et diffuser des données quantitatives afin de permettre une analyse approfondie des inégalités de genre dans divers domaines (éducation, emploi, santé, participation politique, etc.).
  • Faciliter l’exploitation des données par le biais d’outils d’exploration et de visualisation, destinés à soutenir la recherche empirique et la prise de décision fondée sur les données.
  • Renforcer l’interopérabilité et l’accessibilité des données en consolidant des sources nationales et internationales selon des normes méthodologiques rigoureuses.

Comment utiliser ce portail :

Le portail met à disposition plusieurs ressources permettant une exploitation optimale des données :

  • Bases de données et indicateurs : une sélection de jeux de données internationaux téléchargeables, accompagnés de métadonnées détaillées.
  • Outils d’analyse statistique et de visualisation : des instruments facilitant l’exploration des tendances et des comparaisons entre différents contextes.
  • Guides méthodologiques et documentation : des références permettant une utilisation critique et éclairée des données quantitatives (voir la section ‘fiches explicatives’ du portail).

Sources et méthodologie :

Le recensement des données a été effectué par l’équipe du projet piloté par l’OFDIG de 2023 à 2025. Le travail de mise à jour s’effectue en continu.
Pour en apprendre davantage sur la méthode de déploiement du portail, nous vous invitons à consulter les publications sur le site web de l’OFDIG (ofdig.org).

Équipe et phases de conception :

Ce portail de données quantitatives est l’aboutissement d’une première phase d’un projet plus large visant à déployer une infrastructure de données ouvertes, harmonisées et interopérables, de nature quantitative et qualitative sur l’égalité de genre à travers la Francophonie internationale. Ce projet est piloté par l’OFDIG, avec le soutien du Bureau des initiatives numériques (BIN) du Centre interuniversitaire de recherche sur la science et la technologie (CIRST).

Ont participé à la conception et à la réalisation de ce portail des données quantitatives internationales : Marie Langevin, Kevin Kaiser, Marina Hesham, Valentyna Tsilinchuk, Louis Renaud-Desjardins, Caterine Bourassa-Dansereau et Zora Ait El Machkouri.

À propos de l’OFDIG :

Créé en 2022, l’Observatoire francophone pour le développement inclusif par le genre (OFDIG) résulte d’un partenariat entre l’Université du Québec à Montréal (UQAM) et l’Agence universitaire de la Francophonie (AUF). L’Observatoire vise à favoriser, à l’échelle internationale, l’égalité de genre et à accroître l’autonomie et le pouvoir d’agir des femmes et des filles dans trois secteurs du développement inclusif au cœur de sa mission : les milieux économiques, les systèmes éducatifs et le domaine de l’enseignement supérieur et de la recherche. L’Observatoire s’appuie sur des réseaux internationaux de chercheuses, d’expertes et de groupes de femmes pour réaliser ses objectifs.

Partenaires et contributeurs institutionnels :

La réalisation de ce portail est rendue possible grâce à la contribution des partenaires institutionnels et financiers de l’OFDIG.

Le déficit de données genrées : un enjeu central pour le développement inclusif

Malgré les progrès normatifs et politiques en faveur de l’égalité entre les femmes et les hommes, le manque de données genrées demeure l’un des principaux obstacles à l’analyse rigoureuse des inégalités de genre et à la conception de politiques publiques efficaces. Ce « fossé des données de genre » renvoie à l’insuffisance, à l’incomplétude ou à la faible accessibilité des données permettant de documenter les situations, les contraintes et les trajectoires spécifiques des femmes (Ahn, Choi et Seo, 2024).

La littérature souligne que les données genrées sont indispensables pour mesurer les progrès en matière d’égalité, notamment dans le cadre des Objectifs de développement durable. Pourtant, seule une part limitée des indicateurs liés au genre est régulièrement collectée et exploitée par les États, ce qui limite fortement la capacité des chercheur·es et des décideur·es à évaluer les politiques mises en œuvre (Pryor et Seck, 2019).

Au-delà d’un problème de disponibilité statistique, le manque de données genrées reflète des biais structurels dans la production des connaissances. De nombreuses recherches ont montré que les priorités scientifiques ont historiquement été définies à partir de perspectives masculines, marginalisant les expériences des femmes et certaines dimensions essentielles de l’inégalité, telles que le travail domestique non rémunéré, les normes sociales ou les violences fondées sur le genre (Duffy, 1985 ; Danner, Fort et Young, 1999). Cette invisibilisation contribue à maintenir des rapports de pouvoir inégalitaires et à sous-estimer l’ampleur réelle des inégalités entre les femmes et les hommes.

Par ailleurs, lorsque les données existent, elles sont souvent dispersées entre de multiples sources internationales, régionales et nationales, avec des définitions hétérogènes et des formats peu exploitables. Cette fragmentation limite leur utilisation et renforce la sous-utilisation des données déjà produites, contribuant ainsi à la persistance du fossé des données de genre (Fuentes et Cookson, 2020).

Face à ces constats, l’OFDIG développe une infrastructure de données quantitatives dédiée à l’égalité femmes-hommes. Cette infrastructure vise à centraliser, harmoniser et diffuser des données issues de sources reconnues, tout en documentant leurs méthodologies et leurs limites. Conçu comme un outil en accès libre, l’Atlas Genre a pour objectif de faciliter l’analyse des inégalités de genre et de renforcer la production de connaissances fondées sur des données fiables et comparables.

Cette fiche constitue la première d’une série de quatre fiches de diffusion. Les trois prochaines seront consacrées au genre et au milieu économique, au milieu social, et au milieu académique et de la recherche. Ces trois thématiques correspondent aux piliers centraux du mandat et de la programmation de recherche de l’OFDIG. Chacune de ces fiches présentera certains des principaux enjeux liés au genre dans ces domaines et expliquera concrètement comment accéder aux données correspondantes via l’infrastructure Atlas Genre.

MISE EN GARDE

Les jeux de données n’ont pas tous la même architecture et cela peut porter à confusion.

Il s’agit en effet d’un des grands défis de l’harmonisation des jeux de données. Si l’une des catégories de sélection vous indique NA, c’est que cette dimension de granularité n’est pas offerte dans le jeu de données en question. Surveillez les infos bulles qui vous donneront des précisions à ce sujet.

AMÉLIORATION CONTINUE

Cette infrastructure est en phase de lancement. Il est donc attendu que des ajustements soient requis dans les premiers mois d’utilisation. N’hésitez pas à nous faire part de vos commentaires à cette adresse : [email protected]

Genre et Économie : pourquoi l’égalité compte

L’égalité entre les femmes et les hommes est aujourd’hui reconnue comme un levier essentiel de développement économique. Au-delà de son importance sociale, elle renforce la productivité, améliore l’allocation des compétences et soutient une croissance plus inclusive et durable.

Les analyses récentes de l’OCDE montrent que la hausse de l’emploi féminin contribue davantage à la croissance économique que celle de l’emploi masculin. Réduire les écarts de participation pourrait augmenter le PIB par habitant de près de 4 % d’ici 2060. Le FMI confirme cette tendance, estimant que combler les écarts de participation pourrait générer des gains de PIB allant de +4 % dans les pays industrialisés jusqu’à +30 % dans certaines économies en développement. Ces résultats soulignent qu’accroître la participation des femmes améliore les performances globales des économies.

Le cadre juridique structure fortement l’accès des femmes au marché du travail. L’indice Women, Business and the Law (WBL) met en évidence les progrès accomplis dans plusieurs pays ainsi que les lacunes persistantes dans d’autres. Les pays dotés de lois égalitaires, comme la France, le Canada, ou la Suisse présentent des environnements plus favorables à la participation féminine, avec un score de 100 sur l’indice global, tandis que certains pays en développement affichent des scores élevés (comme la Côte d’Ivoire, le Gabon ou le Rwanda) et que d’autres souffre encore des restrictions importantes qui freinent l’inclusion économique des femmes. Les écarts entre pays montrent que la participation économique des femmes dépend non seulement du niveau de revenu national, mais aussi de facteurs structurels tels que les lois en vigueur et les caractéristiques du marché du travail.

Dans ce contexte, la plateforme INFRA OFDIG joue un rôle crucial en offrant un accès simplifié à des données fiables et comparables sur les inégalités de genre. En centralisant des indicateurs juridiques, économiques et sociaux, elle permet d’éclairer les décideurs publics et de soutenir la conception de politiques fondées sur l’évidence. Promouvoir l’égalité de genre constitue ainsi un investissement stratégique pour une croissance durable.

Genre et normes sociales : quand le milieu social façonne l’égalité

Les normes de genre sont un élément central du milieu social dans lequel s’inscrivent les inégalités entre les femmes et les hommes. Elles désignent l’ensemble des règles informelles et des attentes sociales qui définissent ce qui est considéré comme un comportement « approprié » selon le genre. Ces normes ne sont ni universelles ni immuables : elles varient selon les contextes sociaux, culturels, religieux, économiques et générationnels, et s’entrecroisent avec d’autres formes de différenciation sociale telles que la classe, l’origine ou l’âge (Cookson, Fuentes, Kuss, et al., 2023). En pratique, ces normes façonnent l’accès des femmes et des hommes à l’éducation, au travail, à l’espace public, aux ressources économiques et au pouvoir décisionnel, contribuant ainsi à la reproduction, ou à la remise en cause, des inégalités de genre au sein des sociétés.

Les normes sociales et de genre ne se limitent pas à des attitudes individuelles ; elles sont profondément ancrées dans les structures sociales, institutionnelles et matérielles. Elles s’expriment à travers les lois, les politiques publiques, l’organisation du travail et de la famille, ainsi que par les représentations culturelles et les modèles dominants de masculinité. Certaines normes peuvent soutenir l’égalité, mais d’autres, notamment les normes discriminatoires et les formes de masculinité fondées sur la domination et la violence, perpétuent des rapports de pouvoir inégalitaires (Kunova, 2024). Promouvoir l’égalité de genre implique donc de transformer le système social dans son ensemble, en agissant à la fois sur les comportements individuels et sur les institutions et structures qui produisent et légitiment ces normes.

Afin d’illustrer le rôle des normes sociales et des institutions dans la production des inégalités de genre, la plateforme INFRA OFDIG intègre le Social Institutions and Gender Index (SIGI), développé par l’OCDE. Du point de vue des normes sociales, le score SIGI du Canada s’élève à 17,5 en 2023, contre 10,1 pour la France et 9,9 pour la Suisse, indiquant un niveau de discrimination sociale plus élevé au Canada parmi ces pays développés. En comparaison, les niveaux de discrimination institutionnelle sont nettement plus élevés dans plusieurs pays africains : le score atteint 66,9 au Cameroun, soit près de quatre fois celui du Canada, tandis que le Gabon (28,3) et le Rwanda (19) affichent des niveaux intermédiaires, le Rwanda se rapprochant des niveaux observés dans certains pays à revenu élevé. Cet indice mesure les discriminations à l’encontre des femmes à travers quatre dimensions clés : la discrimination au sein de la famille, les atteintes à l’intégrité physique, l’accès restreint aux ressources productives et financières, et les libertés civiles restreintes. Attention ! Les scores du SIGI s’interprètent de manière inverse : plus la valeur est élevée, plus le niveau de discrimination institutionnelle et normative est important, tandis qu’un score plus faible reflète des institutions et des normes sociales plus égalitaires.

Genre et inégalités académiques : quand l’éducation reproduit les écarts

Parmi les piliers essentiels de la recherche au cœur de la mission de l’OFDIG figure l’analyse des inégalités de genre dans l’éducation et l’enseignement supérieur. L’accès à l’éducation constitue en effet une dimension fondamentale de l’égalité entre les femmes et les hommes. En l’absence d’un accès équitable à l’éducation pour les filles et les garçons, les femmes se trouvent durablement désavantagées, leur accès aux opportunités sociales et économiques futures étant fortement conditionné par des inégalités dans l’accumulation du capital humain.

À l’échelle mondiale, des progrès notables ont été réalisés en matière de parité dans l’accès à l’éducation. Selon la UBanque mondiale, les taux de scolarisation des filles et des garçons se sont considérablement rapprochés ces dernières années, atteignant en moyenne mondiale 92 % pour les garçons et 90 % pour les filles. De fait, près des deux tiers des pays du monde ont désormais atteint la parité de genre en matière d’inscription scolaire. Toutefois, ces avancées en termes d’accès ne suffisent pas à garantir une égalité réelle tout au long des parcours éducatifs.

En effet, l’égalité dans les taux de scolarisation ne se traduit pas systématiquement par une égalité dans les taux d’achèvement des cycles scolaires. Les écarts persistent, et tendent même à s’accentuer à mesure que l’on progresse dans le système éducatif. Ainsi, au niveau du cycle primaire, à l’échelle mondiale, le taux d’achèvement est de 67 % pour les garçons contre 63 % pour les filles. Ces différences se creusent davantage dans l’enseignement secondaire : dans le premier cycle du secondaire, les taux d’achèvement s’élèvent à 43 % pour les garçons et 38 % pour les filles, tandis que dans le second cycle du secondaire, ils atteignent respectivement 26 % et 21 %. Ces inégalités reflètent les obstacles spécifiques auxquels les filles sont confrontées au cours de leur trajectoire éducative, notamment l’exposition à la violence, les mariages précoces ou encore les normes sociales restrictives.

Au-delà des questions d’accès et d’achèvement, les inégalités de genre se manifestent également dans l’orientation et la segmentation des parcours au sein de l’enseignement supérieur. Les femmes sont ainsi surreprésentées dans certains domaines d’études, tels que les arts et lettres, l’éducation, les sciences sociales, le journalisme, l’information, ainsi que la santé et le bien-être, tandis qu’elles demeurent nettement moins présentes dans les filières de sciences, technologies, ingénierie et mathématiques (STEM).

À titre d’illustration, en s’appuyant sur les données du Gender Data Portal de la Banque mondiale, hébergées sur notre infrastructure, le cas du Canada met en évidence ces disparités. Selon les dernières données disponibles, les femmes représentent 62,9 % des diplômés en arts et lettres, 76 % en éducation, 76,5 % en santé et bien-être, et 70,2 % en sciences sociales, journalisme et information. En revanche, leur part chute à 36,3 % parmi les diplômés des filières STEM, soulignant la persistance d’une forte ségrégation horizontale dans l’enseignement supérieur. Des tendances similaires sont observées en France. Les femmes y constituent 69,2 % des diplômés en arts et lettres, 76,6 % en éducation, 74 % en santé et bien-être, et 65,8 % en sciences sociales, journalisme et information, contre seulement 34,5 % dans les filières STEM. Malgré des niveaux globaux d’accès à l’enseignement supérieur plus élevés, les choix d’orientation restent fortement genrés, reflétant des normes sociales et institutionnelles persistantes.

En revanche, le profil observé au Burkina Faso, pris ici comme exemple de l’Afrique subsaharienne, diffère sensiblement. Les femmes ne représentent que 17,5 % des diplômés en arts et lettres et 8,5 % en éducation, tandis que leur part atteint 42,7 % en santé et bien-être, 45,4 % en sciences sociales, journalisme et information, et 35,1 % en STEM. Ces chiffres traduisent à la fois des contraintes structurelles plus fortes en matière d’accès à l’enseignement supérieur et une distribution des femmes dans les filières façonnée par des opportunités éducatives plus limitées.

Ces constats soulignent l’importance de disposer de données comparables et harmonisées pour analyser finement les différentes dimensions des inégalités académiques, depuis l’accès à l’éducation jusqu’aux choix de filières et aux trajectoires dans l’enseignement supérieur. C’est dans cette optique que l’OFDIG met à disposition, à travers sa plateforme, un ensemble d’indicateurs permettant d’explorer ces dynamiques et d’éclairer les politiques publiques en faveur d’une plus grande égalité. Pour la dimension éducative, les données produites par l’UNESCO sont particulièrement pertinentes. Sur l’infrastructure de l’OFDG vous pourrez consulter les données du Gender Parity Index (GPI), un indice mesure la disparité entre les filles et les garçons en matière d’accès à l’éducation, à partir du ratio entre le taux de scolarisation des filles et celui des garçons. Initialement conçu pour évaluer la parité dans l’enseignement primaire, cet indicateur permet d’identifier les écarts en faveur de l’un ou l’autre sexe et d’apprécier le degré d’égalité d’accès au système éducatif. Cette approche a également été étendue aux niveaux d’enseignement secondaire et tertiaire, permettant ainsi une analyse comparative de la parité entre les sexes tout au long du parcours éducatif.

Description des indicateurs — Scolarisation et parité entre les sexes

Indice de parité entre les sexes (IPS) — Indicateurs de scolarisation

L’éducation constitue un droit humain fondamental, et il est essentiel que les femmes et les hommes bénéficient de chances égales d’apprendre. La cible 4.5 des Objectifs de développement durable (ODD) vise ainsi à éliminer les disparités entre les sexes en éducation et à garantir un accès équitable à tous les niveaux d’enseignement, dans le prolongement de l’ODD 4, qui promeut une éducation inclusive, équitable et de qualité ainsi que des possibilités d’apprentissage tout au long de la vie pour tous. Au-delà de sa dimension normative, la recherche de l’égalité des sexes en éducation a des implications majeures pour le développement économique, l’autonomisation des femmes et le bien-être des communautés et des nations.

C’est pour mesurer les progrès accomplis vers cet objectif qu’a été conçu l’indice de parité entre les sexes (IPS). Cet indice socio-économique évalue l’équité d’accès à l’éducation en rapportant le taux brut de scolarisation des filles à celui des garçons — ou celui des femmes à celui des hommes pour l’enseignement supérieur. Élaboré à l’origine par l’UNESCO pour apprécier la parité dans l’enseignement primaire, il a par la suite été étendu aux autres niveaux d’enseignement, autorisant une analyse comparative de la parité tout au long du parcours éducatif.

La présente étude retient quatre indicateurs relatifs au taux de scolarisation brut, issus de la base de données World Development Indicators (WB_WDI) de la Banque mondiale : le taux combiné du primaire et du secondaire, celui du primaire seul, celui du secondaire seul et celui de l’enseignement supérieur (dit « tertiaire » dans la terminologie de l’UNESCO). Chacun éclaire une étape distincte du parcours éducatif. Un IPS faible au niveau de l’enseignement primaire témoigne de l’existence de barrières économiques, culturelles ou structurelles qui entravent l’accès des filles à une scolarisation élémentaire. Au niveau secondaire, un tel déséquilibre révèle les obstacles qui compromettent la poursuite et l’achèvement du parcours scolaire des jeunes filles, souvent liés au mariage précoce, aux charges domestiques ou aux normes de genre en vigueur. L’indicateur combinant le primaire et le secondaire offre, quant à lui, une vue d’ensemble de la parité sur la durée de la scolarité obligatoire. Enfin, un IPS faible au niveau de l’enseignement supérieur traduit les barrières structurelles qui empêchent les femmes d’accéder à des domaines de carrière spécialisés et hautement qualifiés.

L’interprétation de l’indice repose sur sa valeur de référence, la parité correspondant à une valeur de 1 : un IPS inférieur à 1 signale que les filles ou les femmes sont désavantagées par rapport aux garçons ou aux hommes en matière de possibilités d’apprentissage, tandis qu’un IPS supérieur à 1 traduit la situation inverse. En définitive, l’élimination des disparités entre les sexes en matière d’éducation participe au renforcement du statut social et des capacités des femmes.


Caractéristiques communes aux quatre indicateurs

Sujet : Éducation

Type de licence : CC BY-4.0

Méthode d’agrégation : Moyenne pondérée

Unité de mesure : Ratio

Périodicité : Annuelle

Ensemble de données : WB_WDI

Méthodologie commune de calcul et de collecte : Chaque indicateur est obtenu en divisant le taux brut de scolarisation des filles (ou des femmes, pour le niveau supérieur) par celui des garçons (ou des hommes), au niveau d’enseignement considéré. Les données sont recueillies par l’Institut de statistique de l’UNESCO (ISU) à partir des réponses officielles à son enquête annuelle sur l’éducation, puis rattachées à la Classification internationale type de l’éducation (CITE — version adoptée par les États membres de l’UNESCO en 2011), afin de garantir la comparabilité des programmes d’enseignement à l’échelle internationale. L’année de référence correspond à l’année d’achèvement de l’année scolaire lorsque celle-ci s’étend sur deux années civiles (ainsi, une année scolaire couvrant la période de septembre 2010 à juin 2011 est rapportée au titre de l’année 2011).

Limites : Le taux brut de scolarisation constitue une mesure générale de la participation à l’éducation : il ne rend pas compte des variations de durée des programmes d’un pays à l’autre, ni entre les différents niveaux d’enseignement et domaines d’études. Cette limite concerne tout particulièrement le niveau supérieur : bien que le taux y soit partiellement normalisé par sa mesure sur une tranche d’âge de cinq ans commune à l’ensemble des pays, il peut sous-estimer la participation, notamment dans les pays dont les systèmes d’enseignement supérieur sont peu développés ou dont l’offre se limite à des programmes initiaux, généralement d’une durée inférieure à cinq ans.

Source: Les données ont été téléchargées sur le Portail des données de genre de la Banque mondiale pendant le mois de mars 2026.

Évolution temporelle par pays

Table des données pour le GPI

Évolution temporelle par région

Table des données pour le GPI

Variation des indicateurs du GPI

Femmes, Entreprise et Droit (Women, Business and the Law)

Présentation générale

Women, Business and the Law (WBL) est un projet de comparaison internationale du Groupe de la Banque mondiale, qui mesure la manière dont les lois, les règlements et les politiques publiques façonnent les possibilités économiques offertes aux femmes, dans 190 économies. Publié depuis 2009, l’indice est devenu une série annuelle : l’édition 2024 constituait la dixième étude annuelle de la série.

Son objectif est d’identifier les obstacles juridiques qui freinent l’autonomisation économique des femmes et de mesurer le degré de parité légale entre les femmes et les hommes, afin d’orienter les réformes susceptibles d’élargir l’accès des femmes à l’emploi.

Comme le SIGI, le WBL est l’une des sources de données officielles pour le suivi de l’indicateur 5.1.1 des Objectifs de développement durable.

WBL 1.0 : le cadre historique

La version initiale de l’indice, dite WBL 1.0, repose sur un pilier unique: le cadre juridique. Il est décliné en huit indicateurs correspondant chacun à une étape distincte de la vie professionnelle d’une femme, de son entrée sur le marché du travail jusqu’à la retraite : Mobilité, Travail, Rémunération, Mariage, Parentalité, Entrepreneuriat, Actifs et Retraite.

Au total, 35 questions sont notées à travers ces huit indicateurs, chaque indicateur comptant quatre ou cinq questions binaires (oui = 1, non = 0). Le score d’un indicateur s’obtient en calculant la moyenne non pondérée de ses questions, ramenée sur une échelle de 100. Le score global correspond ensuite à la moyenne simple des huit scores d’indicateurs, 100 représentant le score maximal, c’est-à-dire l’égalité juridique complète dans les 35 domaines mesurés.

Le choix des questions repose sur la littérature économique et sur des associations statistiquement significatives avec des résultats liés à l’autonomisation économique des femmes, tels que l’emploi et la propriété d’entreprise. Le cadre juridique international des droits humains des femmes (la Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes (CEDEF) et les conventions de l’Organisation internationale du travail) fournit par ailleurs la justification de fond de chaque question.

Hypothèses standardisées et limites. Pour assurer la comparabilité entre économies, la méthodologie repose sur un jeu d’hypothèses explicites : la femme considérée réside dans la principale ville d’affaires de son économie et occupe un emploi dans le secteur formel ; pour les questions sur le congé de maternité, elle a un enfant ; pour les questions sur l’héritage, le défunt n’a pas laissé de testament, de sorte que les règles de la succession ab intestat s’appliquent. Ces hypothèses ont un coût analytique reconnu par l’équipe du projet : le caractère binaire des indicateurs ne rend pas compte des nuances de certaines politiques, et les restrictions applicables hors de la principale ville d’affaires, en milieu rural ou dans l’économie informelle, échappent à la mesure. Il s’agit également d’un indice de droit codifié : les réponses reposent uniquement sur la loi écrite, non sur son application.

WBL 2.0 : le cadre actuel

En 2024, la Banque mondiale a introduit WBL 2.0, en réponse au constat que l’égalité juridique formelle ne se traduit pas mécaniquement par une égalité effective. Le nouveau cadre repose sur trois piliers plutôt qu’un seul :

  1. Les cadres juridiques (legal frameworks), qui mesurent les lois elles-mêmes ;
  2. Les cadres de soutien (supportive frameworks), qui mesurent les mécanismes de politique publique permettant la mise en œuvre de ces lois ;
  3. Les opinions d’expertes et experts (expert opinions), qui documentent la perception, par des spécialistes de chaque pays, du fonctionnement réel de ces lois dans la pratique. Dans le cycle 2026, ce troisième pilier est désigné sous le nom de enforcement perceptions (perceptions relatives à l’application).

WBL 2.0 élargit par ailleurs le pilier juridique en ajoutant deux nouveaux indicateurs aux huit initiaux. La Sécurité (Safety), qui porte sur les dispositions légales de lutte contre les violences faites aux femmes, et la Garde d’enfants (Childcare), qui porte sur les cadres réglementaires encadrant la disponibilité, l’accessibilité financière et la qualité des services de garde. Le WBL 2.0 introduit également des questions nouvelles ou révisées sous les indicateurs d’origine. Le pilier juridique compte donc désormais dix domaines.

Cotation. Pour les cadres juridiques et les cadres de soutien, les scores sont établis entre 0 et 1, puis les scores par domaine sont moyennés et ramenés sur 100. Le pilier des perceptions relatives à l’application utilise la médiane des réponses d’expertes et experts sur une échelle de Likert à cinq points, les scores par domaine étant eux aussi moyennés et ramenés sur 100. À compter du cycle de données 2026, des critères de notation partielle ont été introduits pour certains indicateurs afin de mieux rendre compte de la complexité du paysage juridique : les indicateurs comportant des éléments cumulatifs ou incrémentaux reçoivent des points partiels, ceux comportant des éléments quantitatifs sont notés sur une échelle linéaire, et les composantes substituables ou complémentaires continuent d’être notées de façon binaire. L’ensemble des composantes est publié à des fins de transparence.

Éditions et millésime des données

L’année du rapport et l’année de référence des données ne coïncident pas. Le jeu de données actuellement diffusé est le jeu WBL 2026, dont les données sont à jour au 1er octobre 2025. Il couvre 190 économies sur 10 domaines et fournit les données relatives aux cadres juridiques, aux cadres de soutien et aux perceptions relatives à l’application. Il n’existe pas de fichier autonome « WBL 2025 » diffusé séparément : les données de 2024 et 2025, alignées sur la méthodologie 2026, sont intégrées à ce jeu afin d’assurer la continuité entre les éditions.

Ce même jeu de données comprend en outre des données recalculées selon la méthodologie WBL 1.0, ce qui prolonge la série historique et permet des comparaisons temporelles cohérentes malgré le changement de cadre intervenu en 2024. Un ensemble de reproductibilité (code et documentation) est également mis à disposition.

Traduction des variables

Terme original (anglais) Traduction retenue (français)
WBL index Indice WBL (Femmes, Entreprise et Droit)
Mobility Mobilité
Workplace Travail
Pay Rémunération
Marriage Mariage
Parenthood Parentalité
Entrepreneurship Entrepreneuriat
Assets Actifs
Pension Retraite
Safety Sécurité
Childcare Garde d’enfants
Legal frameworks Cadres juridiques
Supportive frameworks Cadres de soutien
Expert opinions / Enforcement perceptions Opinions d’expertes et experts / Perceptions relatives à l’application

Source des données

Les données ont été téléchargées à partir du site suivant, en mars 2026 : https://wbl.worldbank.org/en/data/download-data#tabs-1c6624179e-item-36ad2a885a-tab

Page de téléchargement courante et documentation :

Évolution temporelle par pays

Table des données pour le WBL

Évolution temporelle par région

Table des données pour le WBL

Table des changements dans l'enquête WBL

Valeur générale du pillier

Valeur du pillier pour le topique

Résultat de l'enquête sur la question

Indice des institutions sociales et du genre (SIGI)

Présentation générale

L’Indice des institutions sociales et du genre (Social Institutions and Gender Index, SIGI) est un indice composite élaboré par le Centre de développement de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), publié pour la première fois en 2009. Il mesure la discrimination à l’égard des femmes inscrite dans les institutions sociales, entendues comme l’ensemble des lois formelles et informelles, des normes sociales et des pratiques qui restreignent les droits des femmes et des filles ainsi que leur accès aux ressources et aux possibilités d’autonomisation.

La particularité du SIGI tient à son objet. La plupart des indices d’égalité de genre, dont l’Indice de développement de genre (GDI) ou l’Indice d’inégalité de genre (GII) par exemple, mesurent les écarts observés entre femmes et hommes au niveau des résultats : éducation, emploi, santé. Le SIGI, lui, cherche à saisir les causes profondes de ces écarts, en amont des résultats, du côté des institutions qui les produisent. Il documente les écarts que la législation, les attitudes et les pratiques créent entre femmes et hommes en matière de droits, de justice et de possibilités d’autonomisation, à toutes les étapes de la vie.

Le SIGI est l’une des sources de données officielles pour le suivi de l’indicateur 5.1.1 des Objectifs de développement durable, portant sur l’existence de cadres juridiques favorisant, appliquant et suivant l’égalité des sexes, aux côtés d’ONU Femmes et de l’indice Women, Business and the Law du Groupe de la Banque mondiale.

Structure de l’indice

Le SIGI est organisé de façon hiérarchique, sur trois paliers : l’indice global, quatre dimensions (aussi appelées sous-indices), et seize indicateurs répartis également entre ces dimensions, à raison de quatre indicateurs par dimension. Sous les indicateurs se trouve un dernier palier, celui des variables sous-jacentes.

Discrimination dans la famille

Cette dimension saisit les institutions sociales qui limitent le pouvoir décisionnel des femmes et dévalorisent leur statut au sein du ménage et de la famille. Elle regroupe quatre indicateurs : le mariage des enfants, les responsabilités domestiques, le divorce et l’héritage.

Atteinte à l’intégrité physique

Cette dimension saisit les institutions sociales qui accroissent la vulnérabilité des femmes et des filles à de multiples formes de violence et limitent le contrôle qu’elles exercent sur leur corps et leur autonomie reproductive. Elle regroupe quatre indicateurs : la violence à l’égard des femmes, la mutilation génitale féminine, les femmes manquantes et l’autonomie reproductive.

Accès restreint aux ressources productives et financières

Cette dimension saisit les restrictions à l’accès des femmes aux ressources et actifs productifs et économiques essentiels, ainsi qu’au contrôle qu’elles exercent sur eux. Elle regroupe quatre indicateurs : l’accès sécurisé aux biens fonciers, l’accès sécurisé aux biens non fonciers, l’accès sécurisé aux services financiers et les droits au travail.

Libertés civiles restreintes

Cette dimension saisit les lois et pratiques discriminatoires qui restreignent l’accès des femmes aux sphères publique et sociale, ainsi que leur participation et leur voix dans ces sphères. Elle regroupe quatre indicateurs : les droits de citoyenneté, la voix politique, la liberté de mouvement et l’accès à la justice.

Types de variables et sources

Les variables du SIGI sont de trois natures, ce qui permet à l’indice de mesurer à la fois le droit, les mentalités et les comportements observés :

  • Les variables légales, de nature catégorielle, décrivent le niveau de discrimination inscrit dans les cadres juridiques. Elles proviennent d’évaluations juridiques par pays réalisées par des expertes et experts du genre et du droit. Dans la quatrième édition (2019), on comptait quatorze variables légales, construites à partir de 144 questions tirées des 312 questions utilisées pour rédiger les profils-pays. Ces variables sont disponibles pour tous les indicateurs du SIGI, à deux exceptions près : les femmes manquantes et la mutilation génitale féminine, pour lesquels il n’existe pas de cadre juridique directement comparable entre pays.
  • Les variables attitudinales décrivent le niveau de discrimination inscrit dans les normes sociales. Elles proviennent de bases internationales telles que celles de l’OIT ou de Gallup. L’attitude à l’égard du travail des femmes en est un exemple. Dans l’édition 2019, on en comptait trois.
  • Les variables de prévalence décrivent le niveau de discrimination observé dans les pratiques. Elles proviennent également de bases internationales. La base des Nations Unies sur le mariage (UN World Marriage Data) pour la prévalence du mariage des filles en est un exemple. Dans l’édition 2019, on en comptait dix.

La base de recherche du SIGI est la base de données « Genre, Institutions et Développement » (Gender, Institutions and Development Database, GID-DB), introduite par le Centre de développement de l’OCDE en 2006. Elle comprend plus de 60 indicateurs relatifs aux institutions sociales discriminatoires et donne accès à l’ensemble des données du SIGI, y compris pour les pays ne disposant pas d’un jeu complet de variables. Pour la cinquième édition, la collecte juridique s’appuie par ailleurs sur l’enquête SIGI 2023 Legal Survey.

Cotation

Chaque pays reçoit, pour l’indice global comme pour ses composantes, un score allant de 0 à 100. Un score de 0 signale l’absence de discrimination ; un score de 100 signale une discrimination totale. Cette convention vaut également pour les variables légales prises individuellement.

Éditions et évolution du cadre conceptuel

Le SIGI a connu cinq éditions : 2009 (première édition), 2012 (deuxième), 2014 (troisième), 2019 (quatrième) et 2023 (cinquième).

Le cadre conceptuel n’est pas resté identique d’une édition à l’autre, ce qui a une incidence directe sur les comparaisons temporelles :

  • Le cadre de l’édition 2012 est demeuré inchangé pour l’édition 2014, mais la couverture géographique a été élargie aux pays de l’OCDE et des variables ont été ajoutées à la GID-DB. L’édition 2014 reposait sur 5 dimensions et 14 indicateurs.
  • L’édition 2019 a introduit un cadre révisé, ramenant l’indice à 4 dimensions, 16 indicateurs et 27 variables, pour 180 pays et territoires.
  • L’édition 2023 conserve les 4 dimensions et les 16 indicateurs, mais repose sur 25 variables sous-jacentes et couvre 179 pays.

Les éditions intégrées à l’infrastructure de l’OFDIG sont celles de 2014, 2019 et 2023. Compte tenu des changements de cadre décrits ci-dessus, toute comparaison entre ces éditions demande de la prudence, en particulier entre 2014 et les éditions suivantes, dont la structure diffère.

Traduction des variables

Terme original (anglais) Traduction retenue (français)
SIGI score Score SIGI
Discrimination in the family Discrimination dans la famille
Restricted physical integrity Atteinte à l’intégrité physique
Restricted access to productive and financial resources Accès restreint aux ressources productives et financières
Restricted civil liberties Libertés civiles restreintes
Child marriage Mariage des enfants
Household responsibilities Responsabilités domestiques
Divorce Divorce
Inheritance Héritage
Violence against women Violence à l’égard des femmes
Female genital mutilation (FGM) Mutilation génitale féminine
Missing women Femmes manquantes
Reproductive autonomy Autonomie reproductive
Secure access to land assets Accès sécurisé aux biens fonciers
Secure access to non-land assets Accès sécurisé aux biens non fonciers
Secure access to financial services Accès sécurisé aux services financiers
Workplace rights Droits au travail
Citizenship rights Droits de citoyenneté
Political voice Voix politique
Freedom of movement Liberté de mouvement
Access to justice Accès à la justice

Source des données

Les données ont été téléchargées à partir des sites suivants, en mars 2026 :

Documentation méthodologique de référence :

Évolution temporelle par pays

Table des données pour le sigi

Table des données de l'enquête

Données internationales